Editos

Le blog de Pierre Auguste

Mettre Minerve En Marche

 

 

Je ne donne jamais de conseils. Mais j'adore donner des avis. Surtout quand on ne me les demande pas.

Ces derniers temps on nous a souvent proposé de mettre tout le mode en marche. Mais il me semble que Jupiter tarde un peu pour mettre Minerve en mouvement.

En ces temps de féminisme, avec tous ses attributs et toute déesse qu'elle soit, elle pourrait être l'homme de la situation.

Pensez donc, ses spécialités sont l'intelligence, la pensée, la sagesse, la stratégie, les lettres, les arts, la musique, l'industrie. Elle est révérée par les artisans, les médecins, les enseignants, les philosophes, les économistes, les membres de l'Institut. Elle pourrait entraîner avec elle bien du joli monde et de la valeur ajoutée. Née d'un coup de marteau de Vulcain sur le crâne de Jupiter, elle en est sortie armée et casquée ce qui serait bien utile pour notre sécurité. Sa chouette est le symbole du retard de la conscience sur l'action ce qui serait fort à propos pour stigmatiser l'esprit du temps présent.

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La Synchronie Fantastique

 

 Nous savions depuis longtemps que l'homme est obsédé par le temps qui passe. Ô temps ! Ô mœurs ! disait l'homme d'état et auteur latin. Ô temps suspends ton vol disait le poète. Les politiciens dans le vent d'aujourd'hui ambitionnent de régenter le temps. Ils ont lancé la fureur, la mode, la vogue, de vouloir tout dire et tout faire « en même temps ». Pour qu'assurément vogue la galère politique à la rame, et à la voile, par bâbord et par tribord amures.

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L'économie présentée aux Novices de la Politique

 

 

Les rêveries politiques nous appellent aux réalités. L'économie est trop compliquée pour être régie par des idées générales autonomes, ou par un corps de doctrine structuré.

L'expansion démographique, la mondialisation, l'ouverture des frontières, la division internationale du travail, la spécialisation, ont multiplié le nombre des acteurs, le volume des échanges, les interdépendances, les causes de dysfonctionnement.

Nul ne devrait prétendre être économiste sans avoir une vaste culture scientifique et technique, une connaissance générale des mécanismes et des structures régissant les activités humaines, une bonne maîtrise des contraintes qui s'imposent à l'approvisionnement des matières, à la production et à la commercialisation des objets.

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Primat de l'Individu

 

 

En nos temps de pléthore communicationnelle, nul ne peut à la fois exercer un métier et prendre connaissance de tout ce qui s’élucubre en ce monde.

Par les rubriques nécrologiques des magazines on découvre les mérites de nombreux individus dont on ignorait l’existence.

Pierre-Antoine Delhommais nous a recommandé, dans Le Point, de lire Ayn Rand, trente-cinq ans après sa mort. Au rythme auquel se succèdent les êtres humains, je n’ai aucune chance de combler mes lacunes.

Il n’est pas étonnant que je ne connusse cette intellectuelle ni d’Ève ni d’Adam-ni d’Aristote ni de Nietzsche-ni de Gary Cooper ni de Clint Eastwood.

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Dernières Nouvelles Du Roseau Parlant

 

Les dernières parleries des bons esprits sur le langage, remettent en mon mauvais esprit de vieux souvenirs qui cadrent un peu le débat. Je devrais plutôt dire le combat, entre les diverses doctrines irréductibles qui s’affrontent en notre société d’aujourd’hui.

À ma gauche les partisans de l’égalité par l’appauvrissement du vocabulaire et l’éradication du parler bourgeois. À ma droite les zélateurs du néologisme et de la pensée exogène. Un peu partout, en des milieux et écoles divers, règne la multitude des conservateurs du bel canto linguistique, généraliste ou spécialisé, universel ou régionalisé. Nous laisserons le lecteur faire tous rapprochements utiles.

J’avais un chien intelligent. Il connaissait deux-cents mots. Il était attentif à tout ce que je faisais et disais. Il me comprenait à demi-mots. Il prévenait tous mes désirs. Après avoir goûté sa soupe il venait remercier en remuant la queue et repartait pour l’engloutir. Il aimait les enfants. Il était heureux. Il n’avait qu’un seul défaut, il ne supportait pas ses congénères et ne voulait pas en démordre quand il avait réussi à en croquer un.

Toute ressemblance avec des adeptes du pédagogisme ne serait que pure coïncidence 

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L'Europe En Marche

 

L’Europe fut d’abord à dominante romaine puis carolingienne. Elle existait, encore et déjà, au temps des lumières. L’Europe de l’intelligentzia parlait alors notre langue et appréciait notre littérature. On en trouve des preuves dans la correspondance de Voltaire qui donne une idée de ses évolutions, ou des invariants, depuis deux siècles et demi.

Les relations n’étaient pas toujours de tout repos, entre les états qui guerroyaient, ni entre les individus qui discouraient. Dans une lettre du 24 avril 1744, Voltaire épingle joliment « l’orateur hollandais qui dit rarement ce qu’il faut dire, et qui vous fait toujours dire ce que vous n’avez pas dit. » Le langage diplomatique et le politiquement correct Européen n’étaient pas encore dans les pratiques courantes des intellectuels.

Après deux guerres mondiales dévastatrices l’Europe de l’Ouest voulut organiser la paix. Elle dût laisser en chemin cette part d’elle-même qui de gré ou de force se « rangea » sous l’impérium soviétique.

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Très Chers Sectateurs Et Sectatrices

 

C’en est fini de l’ère quaternaire.

Nous voici en l’an premier de l’ère macronienne.Les correcteurs d’orthographe ignorent encore le mot. En attendant que l’académie en revienne à la lettre M pour le canoniser, les plumitifs se contenteront de le canonner. Désormais rien ne sera plus comme avant.

Les discours politiques récents remettent pourtant en mémoire ce trait de Voltaire qui fut dans sa correspondance l’un des plus vaillants de nos canonniers littéraires :

« Quiconque est d’une secte semble afficher l’erreur. On dit un platonicien, un épicurien, un cartésien pour caractériser des aveugles qui marchent sous la bannière d’un borgne. On ne dit point un euclidien, un archimédien parce que la vérité n’est pas une secte. »

Voilà en trois lignes jaugés les sectaires, éborgnés les philosophes, révérés les scientifiques, habillé le philosophe et homme de sciences Descartes mais trop tard pour lui permettre d’affronter le froid suédois.


Et voici chaussés pour leur marche les suiveurs du benjamin de nos sauveurs politiques. Cette belle économie des moyens pourrait inspirer nos néo ministères dépensiers !

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